L’agriculture au cœur de l’agenda des institutions panafricaines

12-Feb-2018
Lors du lancement à Abidjan du rapport 2018 des Perspectives économiques en Afrique, le président de la Banque africaine de développement, Akinwuni Adesina, déclarait que « l'agriculture doit être à l'avant-garde de l'industrialisation de l'Afrique ». Récompensé du Prix mondial de l’alimentation 2017, Akinwuni Adesina a placé l’agriculture au cœur de ses priorités, notamment de par son objectif « Nourrir l’Afrique » mais aussi « Industrialiser Afrique » à travers ses High-Five pour l’Afrique.

La thématique principale du rapport portait sur les infrastructures, dont les besoins de l’Afrique sont évalués entre $170 et $230 milliards par an. Des investissements lourds, mais qui sont rentables et indispensables pour la croissance économique, ainsi que pour l’appui au développement de la chaîne de valeur agricole.  Alors que 70% de la population se situe en zone rurale, investir dans le secteur agricole est indispensable pour éviter que les campagnes africaines deviennent des zones de misère.

Plus récemment, au 30e sommet de l’Union africaine (UA), son nouveau président, le chef de l’Etat rwandais Paul Kagamé, a présenté son agenda agricole pour le continent. Plusieurs projets phares pour le secteur agricole ont donc été annoncés. Parmi eux, on trouve les « Africa Agriculture Transformation Scorecard » (AATS). Ces AATS permettront de se faire une idée plus précise de l’évolution du secteur agricole sur le continent africain, à l'aune de 43 indicateurs et 23 catégories de performance. Les données seront collectées par le travail conjugué du Département de l'Economie rurale et de l'agriculture de la Commission de l'UA, du Nepad ainsi que des communautés économiques régionales, en collaboration avec les partenaires au développement.

De plus, le Maroc a été récompensé lors de ce sommet par l’UA pour sa performance dans la mise en œuvre de la Déclaration de Malabo sur l’accélération de la croissance agricole en Afrique. Le « Plan Maroc Vert » a ainsi été cité comme un « modèle à suivre » pour les pays du continent, selon plusieurs dirigeants africains ayant pris part au sommet de l’UA. L’occasion pour le Maroc de bénéficier d’un éclairage positif alors que les négociations sur l’adhésion du royaume à la CEDEAO sont en cours.